SABINE MIRLESSE 

Pietra di Luce (2017-2019)

                                   

                               
Stelle, Stelle, Stelle

An exploration of the stars might normally begin with the simple gesture of looking upwards and outwards into the cosmos with a telescope, but this work began instead with a journey into the earth, a camera, and a poem. Through a very dark and damp tunnel I arrived into the heart of the mountainside, an interior quarry, violet and full of echoes. They call this enormous cold cavity the cathedral. It was the first day of a kind of cosmological excavation, and unsure of the form of what I was searching for I was entirely certain I would find it. I came to search for the stars, or the “luz’ke”/”lucciche” as they were described to me in the Carraraian dialect.

Dante Alghieri’s Divine Comedy begins with a descent into the earth and travels beyond the celestial firmament. The poem is divided into three layers each ending with the word stars—stelle, stelle, stelle. In this a geography is given to the final point of each part of the journey, a poetic architecture of sorts, and through the placement of the word itself an ultimate presence is confirmed. They’re there, somewhere, in every strata of our universe, for that is what closes each cantica. I went into the Apuan quarries, the only place such a descent would be possible in the poet’s native region, on a mission to find a form, a fragment, a light. Through possible mineral forms to explosions of dust to spiraling nebulas of diamond wire and fractures the work evolved into a collection of reflections on the search for the star in the subterranean world. Rather than an homage to the poet mine was an adventure guided by clues gleaned from his epic text. I considered the poetry as a sort of map, essentially visual with co-ordinates suggested in the placement of every syllable and construction of every line.

Each quarry became a cosmological dig. I was searching for something described slightly differently by each person I asked: “little lights”, bits of quartz fragmenting or puncturing marble, breaking its uniformity, a rupture revealing an interior glimmer (and interrupting any industrial plan to make perfect merchandise of the mountain. I searched the cracks for an indication, feeling the surface with my hands, making use of long lenses that could go in close to places I could never physically reach to touch as the walls of these manmade craters towered vertiginously upwards. Information later appeared and effaced through photo chemical baths of exposures of stone and light, graphite drawings, oil monotypes and relief prints, and sculptures of the stone itself -- to make stars you could hold in your two hands.

I went to the quarries of northern Tuscany because of their eclipsing immensity and constellation of contradictions. These surreal collaborative landscapes between humans and nature are the source of the material used to sculpt some of the most reputed works of art, yet simultaneously exist as troubling wounds on the body of the earth. I was intrigued by a land that has been mined for centuries, famous for its blinding white color (frequently mistaken for snow from a distance), with its subtle accents and ‘pure’

potential-- land that the quarrymen themselves told me once resembled the spiral of Dante’s inferno, a descending amphitheater shape before machine technology evolved. The region exists as evidence of a broader complex human inclination to dig downwards in order to reach something more essential, whether for archaeological, industrial, scientific, or ritualistic reasons - something absent from the surface, something covered,protected. Slightly closer to the earth’s core I found something quite bright.

Sabine Mirlesse




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Stelle, Stelle, Stelle





Toute exploration des étoiles devrait commencer par le geste de regarder vers le ciel, vers le cosmos, avec un télescope. Or, mes recherches ont plutôt commencé par un voyage dans la terre, armée d’une caméra et d’un poème. Par un tunnel sombre et humide, j'arrivai au cœur de la montagne, une carrière intérieure, violette et pleine d'échos. Cette vaste cavité froide est appelée la cathédrale. Ce fut le premier jour d'une sorte d’excavation cosmologique, et bien que n'étant pas sûre de la forme de ce que j’étais venue chercher, j'étais tout à fait certaine de la trouver. J’étais venue chercher les étoiles, ou « luz'ke » /« lucciche »  comme on les appelle dans le dialecte de Carrare.

La Divine Comédie de Dante Alighieri commence par une descente au cœur de la terre et nous conduit au-delà du firmament. Le poème est divisé en trois parties ont chacune s’achève par le mot « étoiles » (stelle). De cette façon, une géographie se révèle à la fin de chaque partie du voyage, comme une sorte d'architecture poétique et, à travers le placement du mot lui-même, une présence ultime est affirmée. Elles sont là, quelque part, dans chacune des strates de notre univers, elles en sont le terme. Je me suis rendue dans les carrières apuanes, le seul endroit où une telle descente me semblait possible dans la région natale du poète, afin de trouver une forme, un fragment, une lueur. Passant en revue les formes minérales, les explosions de poussière, les nébuleuses en spirale aux fils de diamant et les fractures, le projet s’est transformé en une série de réflexions sur la recherche stellaire à travers le monde souterrain. Davantage qu'un hommage à la mine du poète, il s’agit d’une aventure guidée par des indices tirés de son texte épique. Le poème est devenu pour moi une sorte de carte essentiellement visuelle, indiquant des coordonnées suggérées par le placement des syllabes et la construction des vers.

Chaque carrière est devenue le lieu d’une fouille cosmologique. Je cherchais ce que chacun décrivait différemment quand je l’interrogeais : « petites lumières », morceaux de quartz fragmentant ou perforant le marbre, brisant son uniformité, créant une rupture et révélant une scintillation intérieure (ce qui brisait le projet industriel d’en faire une marchandise parfaite). J'ai cherché une indication dans les fissures, explorant la surface avec mes mains et j'ai utilisé de longues lentilles capables de s’approcher des endroits que je ne pouvais pas atteindre, car les parois de ces cratères artificiels sont vertigineusement hautes. C’est plus tard que les informations contenues dans ces expositions de pierre et de lumière sont apparues et se sont effacées grâce aux bains photochimiques, accompagnées de dessins au graphite, de monotypes à l'huile et de gravures en relief, de sculptures de la pierre elle-même, jusqu’à créer les étoiles qu’il vous serait possible de tenir dans vos deux mains.

Je suis allée dans les carrières du nord de la Toscane pour leur immensité sans égale et leur constellation de contradictions. Ces paysages surréalistes issus d’une collaboration entre l'homme et la nature sont à l'origine des matériaux utilisés pour sculpter certaines des œuvres d'art les plus réputées, mais existent simultanément comme des blessures troublantes sur le corps de la terre. J'ai été intriguée par cette terre qui a été exploitée pendant des siècles, célèbre pour ses blancs aveuglants (souvent confondues de loin avec la neige), pour ses accents subtils et son potentiel de « pureté »  — une terre dont les carriers eux-mêmes m'ont dit qu'elle ressemblait à la spirale de l'enfer de Dante, avec sa forme d’amphithéâtre tournoyant vers les profondeurs, bien avant l'arrivée de la machine. La région témoigne d'une tendance humaine plus large et plus complexe à creuser vers le bas pour atteindre quelque chose d’essentiel, que ce soit pour des raisons archéologiques, industrielles, scientifiques ou rituelles, quelque chose d'absent de la surface, couvert, protégé. Un peu plus proche du cœur terrestre, j'ai trouvé une sorte d’éclat.




Sabine Mirlesse



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